L'horloge Ingendahl, un symbole du Lignon
Bien connue des habitantes et habitants du Lignon, l’horloge Ingendahl fait partie du paysage et de la mémoire du quartier depuis 1982.
Publié le 14 octobre 2026
Une œuvre singulière au cœur du quartier
Dressée sur la place du Lignon depuis 1982, l’horloge monumentale de l’artiste zurichois Kurt Ingendahl occupe une place particulière dans le patrimoine verniolan. Intitulée Le temps dans l’espace, cette sculpture de onze mètres de haut a été installée sur proposition de Fulvio Moruzzi, alors conseiller administratif et maire de Vernier.
À la fois œuvre d’art et objet du quotidien, elle a rapidement trouvé sa place dans la vie du quartier. Visible de loin, elle est devenue un point de repère pour les habitantes et habitants du Lignon, accompagnant depuis plus de quarante ans leurs déplacements, leurs rendez-vous et leurs souvenirs.
Une autre façon de regarder le temps
L’originalité de l’œuvre réside dans sa représentation du temps. Là où les horloges traditionnelles s’appuient sur un cadran circulaire, Kurt Ingendahl a choisi de déployer les heures à la verticale. Le temps ne tourne plus autour d’un centre : il s’élève et s’écoule le long d’une colonne.
Pour donner vie à cette idée, l’artiste a imaginé un mécanisme entièrement inédit, protégé par un brevet. Cette invention témoignait de sa volonté d’explorer de nouvelles formes d’expression, à la frontière entre l’art, la technique et l’espace public.
Une restauration rendue possible par l'engagement local
Avec les années, le mécanisme s’est progressivement détérioré. En 2010, une importante restauration a toutefois permis à l’horloge de reprendre vie grâce à la mobilisation de membres du Contrat de quartier d’Aïre-Le Lignon, au soutien de la famille Ingendahl, du Comité Central du Lignon et de la Ville de Vernier.
Cette remise en état illustrait déjà l’attachement de la population à cette œuvre emblématique et la volonté de préserver un élément fort de l’identité du quartier.
Une œuvre qui demeure
Aujourd’hui, malgré les recherches entreprises, plus aucun spécialiste n’est en mesure d’assurer la pérennité de ce mécanisme unique. Faute de solution viable, l’horloge a définitivement cessé de fonctionner.
Si elle ne donne plus l’heure, elle n’en a pas pour autant perdu sa raison d’être. L’horloge Ingendahl demeure une œuvre d’art publique majeure, témoin de l’histoire du Lignon et de l’attention portée à l’intégration de l’art dans l’espace urbain.
Sa silhouette continuera à marquer le paysage de la place du Lignon et à rappeler l’invitation que lançait son créateur : prendre le temps de regarder le temps autrement.
« Il y a deux sortes de temps, y a le temps qui attend et le temps qui espère. »
Jacques Brel, cité lors de l’inauguration de l’horloge restaurée en 2010