L’artiste des Avanchets Mwenga met de la lumière dans vos oreilles
Rap, R&B, afro : Mwenga aime assembler les sons et les mots pour livrer une musique directe, sincère et pleine d’énergie.
Publié le 26 février 2026
Rendez-vous dans un petit café à Châtelaine. Il a trois minutes de retard. Une séance qui s’est prolongée à son travail, au sein d’une commune genevoise. Un emploi qu’il a pris parce qu’il a « le sens des réalités ». À 31 ans, l’homme est calme, poli, presque réservé. Mais lorsqu’il parle de musique, sa musique, son visage s’illumine.
Ses morceaux, il les signe de l’un de ses prénoms, Mwenga, hérité de son grand-père. Un mot swahili qui signifie lumière, clarté, éclat. Né en Suisse de parents originaires d’Angola et de République démocratique du Congo, Mwenga n’a jamais foulé la terre de ses racines. Pourtant, elles vibrent en lui. « À la maison, on écoutait de tout : funk, rumba congolaise, R&B, rap. Aux anniversaires, c’était une fête permanente. » Très tôt, s’exprimer s’impose comme une nécessité. « Vers huit ans, j’ai commencé à écrire. Le rap est venu ensuite, naturellement. »
Il grandit aux Avanchets, un quartier qu’il revendique avec fierté. C’est là que tout démarre : un home studio, des aînés bienveillants, les premières sessions. « Le matériel n’était pas incroyable, mais pour moi qui enregistrais avec un pauvre lecteur MP3, c’était fou. Et surtout, j’étais très surpris que des grands croient en moi. Ça m’a donné confiance. »
D’abord autodidacte, Mwenga va structurer son parcours. Après une école de commerce et un CFC, il part en 2016 à Montréal pour se former comme ingénieur du son. Son univers musical s’enrichit, même si le rap reste son premier amour. Mwenga aime les textes ciselés et les punchlines percutantes. L’artiste explore aussi des titres plus chantés, teintés d’influences R&B ou afro, où la mélodie prend le dessus. Cette polyvalence lui permet de se renouveler sans se perdre. « Peu importe le style, ce qui m’importe, c’est de délivrer un message qui touche les gens. »
Devenu père, sa musique s’est approfondie. « Ça m’a donné une pression positive. Ce que je veux transmettre à ma fille, c’est qu’il faut croire en soi et ne rien lâcher. » Il prépare de nouveaux concerts et la création de son propre label, fidèle à cette ligne qu’il résume dans son dernier opus B.O. : « J’dois écrire la B.O. d’ma vie, et j’fais tout pour qu’elle ne soit pas triste. »