Alexandra et Tess: deux figures du rugby féminin verniolan en pleine ascension
Formées au Servette Rugby Club, ces deux voisines des Avanchets évoluent désormais au plus haut niveau en Suisse et en France.
Publié le 28 avril 2026
Tess et Alex font du rugby. Un sport qu’elles découvrent au pied de leurs immeubles, aux Avanchets. Rien ne préparait ces deux voisines à jouer un jour au plus haut niveau. Pourtant, c’est bien ici, entre les blocs de béton de Vernier, qu’elles ont fait leurs premiers plaquages et appris à ne jamais reculer.
Alexandra Correia a 13 ans quand une école de rugby ouvre dans son quartier. Son petit frère, qui s’y entraîne déjà, insiste pour qu’elle vienne essayer. Alexandra est timide, elle veut juste regarder. «Mets tes habits de sport, au cas où...» lui dit le frangin. Une fois sur place, il glisse au coach que sa soeur «veut jouer». Alexandra est trop timide pour dire non. Elle entre sur le terrain, elle essaie. Et elle adore ça! «J’ai découvert ce sport à une période où j’avais besoin de me défouler», confie-t-elle. «Cela m’a permis de sortir la rage et la frustration que j’avais en moi. C’était comme une échappatoire.»
De son côté, Tess commence le rugby encore plus jeune, à 8 ans, pour faire «comme son grand frère». Elle accroche immédiatement avec l’énergie du terrain : «J’ai aimé l’esprit d’équipe. Ce sport demande plein de qualités différentes. Tous les gabarits sont acceptés. C’est très inclusif et convivial.»
Au club du Genève Servette, il n’y a pas d’équipe féminine avant 15 ans. Les filles doivent donc s’entraîner avec les garçons. Leur coach de l’époque, Gabriel Lignières, se souvient: «Au début, je n’ai pas forcément vu tout leur potentiel. Mais elles étaient hyper assidues. Le fait de devoir lutter contre des garçons les a vraiment préparées pour la suite. Quand elles ont commencé les matchs contre d’autres filles, elles étaient prêtes, très solides et aguerries.»
Aujourd’hui, le chemin parcouru est immense. Alexandra et Tess portent fièrement le maillot de l’équipe nationale suisse et évoluent dans des clubs français. Pour Tess, la réussite est passée par un cursus sport-études dans l’Ain. Plus tard, elle vise Lyon, mais c’est finalement Bordeaux qui lui tend les bras. Un ami la recommande, son profil séduit les recruteurs et elle rejoint le club bordelais. Aujourd’hui, à 19 ans, elle joue en équipe Espoirs et ne compte pas s’arrêter là.
Pour Alexandra, 24 ans, tout s’est enchaîné naturellement. «L’entraîneur de Lyon cherchait une fille pour jouer en Élite 1. Mon coach de l’époque lui a parlé de moi.» Elle découvre alors un nouveau monde, où le sport féminin est pris très au sérieux: «Avant, je voyais les garçons avoir tous les moyens pour réussir. Mais aujourd’hui, les filles ont les mêmes chances de progresser. Et ça, c’est génial!»
De plus en plus de jeunes filles s’intéressent au ballon ovale. Alexandra et Tess prouvent qu’on peut réussir et atteindre l’élite en partant de son quartier, avec de la volonté. Leur message aux jeunes filles est simple : «Il ne faut pas avoir peur d’essayer. Il y aura quelques bleus, mais bon, ça, c’est les risques du métier!»
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